Boules, nodules, tumeurs cutanées… C’est quoi ? – Soigner une verrue


Rien ne ressemble plus à une excroissance sur la peau qu’une autre excroissance sur la peau ! C’est pourquoi avant de la mettre sur le compte d’une inoffensive verrue, mieux vaut demander l’avis du vétérinaire, conseille Animaux-online. 

Certaines excroissances apparaissent sur la peau, d’autres, juste en dessous, formant une boule. Qu’ils touchent le jeune ou le vieux chien (ou chat), ces « bobos » cutanés peuvent avoir des origines très diverses. C’est pourquoi, au moindre doute, le vétérinaire peut prendre la décision d’en prélever une partie afin d’examiner un fragment au microscope. Il peut alors connaître sa nature (bénigne ou cancéreuse) et adapter sa prise en charge…

Verrues

• De quoi s’agit-il ?

Ce sont des petites tumeurs bénignes cutanées dues à des papillomavirus (un virus très commun). Fréquentes avec l’âge, elles forment des petites excroissances mollassonnes. Elles sont surtout gênantes sur le plan esthétique…

• Quel est le problème ?

Il faut bien s’assurer qu’il s’agit de verrues et rien d’autre, surtout pas une tumeur maligne. En l’occurrence, de simples verrues n’ont pas tendance à grossir vite, ne sont ni dures, ni douloureuses, ni sanguinolentes, ni placées à un endroit inhabituel (comme les mamelles chez la chienne). Si c’est le cas, prudence. Peutêtre s’agit-il de tout autre chose et, au moindre doute, un avis vétérinaire s’impose.

• La conduite à tenir

La plupart des verrues peuvent rester sans aucune gêne pour votre animal. Bien souvent, ces tumeurs régressent spontanément et ne nécessitent donc aucun traitement. Toutefois, en cas de verrue vraiment mal placée – par exemple sur la face ou sur une paupière – il y a un risque de saignement si votre petit compagnon s’accroche à une épine de végétal ou se gratte. Dans ce cas, le vétérinaire peut décider de la retirer. Quant aux verrues dont il s’écoule de la séborrhée (pas de pus mais une sorte de liquide graisseux), elles ont une fâcheuse tendance à provoquer des irritations secondaires. Là encore, il vaut donc mieux les faire enlever. Le vétérinaire peut avoir recours à la cryothérapie pour brûler l’indésirable par le froid. Autre possibilité : appliquer directement sur la verrue du thuya en teinture mère. Ou encore, donner par voie orale un traitement homéopathique comme PVB® Verrues ou Verucurine 698®.

Histiocytome bénin

• De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une petite masse bénigne apparaissant volontiers sur la face ou les membres et facilement repérable parce qu’elle n’est pas recouverte de poils. Surtout présent chez les jeunes chiens de moins de trois ans, l’histiocytome bénin touche parfois les chiens âgés. Toutes les races de chiens peuvent être concernées, mais les shar-peï sont prédisposés aux histiocytomes multiples et persistants.

• Quel est le problème ?

Si la plupart régressent spontanément, ceux qui font de la résistance ont une fâcheuse tendance à former un ulcère et à s’infecter.

• La conduite à tenir :

En cas d’ulcération, l’animal est mis sous antibiotiques pour éviter la surinfection. Se pose aussi la question de retirer chirurgicalement les quelques nodules et ce d’autant plus volontiers qu’ils s’ulcèrent ou s’infectent.

Lipome

• De quoi s’agit-il ?

C’est une tumeur graisseuse bénigne. Les femelles âgées obèses en sont les premières victimes. Doberman, pinscher, schnauzer miniature, labrador retriever et golden retriever sont des races à risque. Situés juste sous la peau, les lipomes se logent assez souvent au niveau du ventre et des cuisses, même s’ils peuvent apparaître n’importe où.

• Quel est le problème ?

Un lipome est une tumeur bénigne qui ne dégénère pas. Mais lorsqu’il est situé au niveau d’un membre, il peut gêner la marche.

• La conduite à tenir

Il faut surtout s’assurer qu’il s’agit bien d’un lipome et non d’une tumeur cancéreuse. Pour cela, le vétérinaire peut soit réaliser une ponction à l’aide d’une aiguille, en vue d’une analyse, soit effectuer un prélèvement plus conséquent sur la tumeur. Une fois rassuré sur la nature bénigne de la masse prélevée, il peut la laisser en place ou la retirer si elle devient gênante en raison de sa localisation. Un régime diététique est également conseillé pour diminuer le risque de récidive.

Tumeurs malignes

• De quoi s’agit-il ?

Il s’agit de tumeurs cancéreuses, qui sont donc susceptibles de métastaser pour atteindre d’autres organes. Chez le chien, les tumeurs bénignes de la peau sont les plus fréquentes (elles représentent deux tiers de toutes les tumeurs cutanées), alors que c’est l’inverse chez le chat : les tumeurs malignes arrivent en tête. Parmi ces tumeurs cancéreuses, l’une d’elles est particulièrement fréquente : c’est le carcinome épidermoïde. Cette tumeur qui se développe n’importe où sur le chien, mais plutôt sur la tête chez le chat, apparaît suite à des expositions prolongées au soleil. Autre tumeur à faire régulièrement parler d’elle : le mastocytome, surtout chez le chien. Il a la forme d’un nodule unique à croissance lente, mais peut aussi s’ulcérer ou ressembler à une grosse masse de tissu mou. D’autres tumeurs se rencontrent encore parfois (comme le plasmocytome du vieux chien ou l’histiocytose du jeune chien), mais pour le propriétaire de l’animal, le scénario est à chaque fois le même : alerter le vétérinaire qui effectue un prélèvement pour voir de quelle tumeur il s’agit et l’opérer lorsqu’elle est cancéreuse. Quant à l’hystiocytose réactionnelle ou maligne à forme cutanée, c’est une affection dont le pronostic est très réservé, à prédisposition raciale (bouvier bernois, rottweiller, golden retriever, flat-coated retriever).

• Quel est le problème ?

Le carcinome épidermoïde métastase peu ou lentement, sauf lorsqu’il apparaît au niveau des pieds du chien, comme c’est plus souvent le cas chez les grands chiens à pelage noir (caniche moyen et schnauzer) ou encore, au niveau du nez chez le chat. Pour le mastocytome en revanche, on voit de tout : ceux à croissance lente sont de meilleur pronostic que ceux à croissance rapide.

• La conduite à tenir

Pour le carcinome épidermoïde comme pour le mastocytome et les autres tumeurs cancéreuses, le vétérinaire a d’abord recours à la chirurgie, en visant large autour de la tumeur. À défaut de pourvoir retirer autant de tissus qu’il aurait été nécessaire, il peut être amené à proposer des séances de radiothérapie en plus, voire une chimiothérapie en cas de mastocytome à croissance rapide. 

L’INSPECTION DE SON PELAGE, UN MOMENT CLÉ !

Excroissances, nodules, boules… Toutes ces petites anomalies cutanées peuvent passer longtemps inaperçues, surtout chez un animal à poils longs ! C’est pourquoi chaque propriétaire devrait prendre le temps d’inspecter attentivement le pelage de son animal, de la tête aux pieds, au moins deux fois par an. Il ne faut rien négliger car les lésions se cachent parfois au creux des oreilles, entre deux doigts, sur la mamelle… 

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