Bras de fer entre les députés et la ministre de l’Education – Soigner une verrue


Entre ministres et parlementaires, la relation est en train de dégrader. Après les échanges virulents entre le secrétaire d’Etat en charge de la gendarmerie, et des députés sur les questions de sécurité, c’est la ministre de l’Éducation nationale, Rijasoa Josoa Andriamanana qui se retrouve dans le collimateur des députés. Cette fois-ci, il s’agit d’une question de gros sous : huit milliards d’ariary qui auraient été dépensés dans l’achat des friandises pour les élèves dans les écoles.

Ce sont les députés élus sous la bannière de la plateforme avec Andry Rajoelina (IRD) qui montent en créneau en premier. L’élu d’Atsimondrano, Andry Ratsivahiny, et celle de Mahajanga I, également vice-présidente de l’Assemblée nationale, Nina Rahantanirina ont dénoncé ce prétendu projet de la ministre, révélé par un quotidien d’une personnalité très proche du régime.

« Je m’excuse à vous madame la ministre, nous nous sommes battus sur la place du 13 mai, pour l’amélioration de la vie des Malgaches. C’est pour cela que nous avons suivi le président Andry Rajoelina jusqu’ici. Mais ce que vous faites là n’est pas juste, bonbons à huit milliards d’ariary ? », lance Andry Ratsivahiny sur sa page Facebook. Nina Rahantanirina, quant à elle, dit que la ministre devrait se préparer à répondre à des dépenses excessives et irraisonnables au sein de son département dont les bonbons à 8 milliards.

En réponse à ces critiques acerbes, le mis en cause a expliqué que les huit milliards ne sont pas encore sortis de la caisse de l’Etat, parce que le projet a été abandonné, jugé non prioritaire. « C’est le président de la République lui-même qui a demandé de l’abandonner », précise Rijasoa Josoa Andriamanana. À propos des sous-entendus selon lesquels la ministre serait en train de détourner des fonds publics, le membre du gouvernement a déclaré qu’ « elle est venue d’un pays où il y a des dollars pour toucher l’ariary » et qu’elle est revenue à Madagascar pour rendre service au pays et non « détourner de l’argent public ».

Rijasoa Josoa Andriamanana fait partie des ministres « importés », appelés à renforcer le gouvernement dans la réalisation des projets présidentiels dans le cadre de son plan d’émergence pour le développement du pays. Elle a été nommée au sein du gouvernement actuel à la place de la députée Marie Thérèse Volahaingo, qui occupait le poste pendant près d’un an depuis l’arrivée d’Andry Rajoelina au pouvoir.

D’après l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, dans le cadre de sa première session ordinaire, la ministre de l’Education nationale devrait faire face aux parlementaires le 4 juin prochain.

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