Douleurs au tendon d’Achille: quel traitement? – Soigner une verrue


Le tendon d’Achille relie l’os le plus volumineux du pied au muscle du mollet. Une tendinopathie d’Achille, soit une affection de ce tendon, est une cause fréquente de blessure au talon. Même si elle affecte généralement les sportifs, des personnes sédentaires peuvent également en souffrir. Le plus souvent, un excès de sollicitation du tendon ou une utilisation inappropriéesont à l’origine du problème. Mais la blessure peut aussi être parfois causée par un rhumatisme inflammatoire. Dans ce cas, il convient de rechercher la présence d’autres problèmes ostéo-articulaires et d’étudier les antécédents médicaux du patient.

Les causes

S’il s’agit d’un patient sportif, il est important de déterminer si la blessure a pu être provoquée par un équipement sportif inadéquat ou par un changement brusque dans la fréquence ou la durée de l’activité sportive. Dans le cas d’une personne sédentaire, la douleur peut être le résultat d’une maladie inflammatoire sous-jacente ou d’un problème de malformation du pied. De plus, certaines maladies telles que le diabète sont aussi connues pour jouer un rôle dans l’apparition d’une atteinte au tendon d’Achille. Il en va de même pour certains médicaments tels que les statines (médicaments contre l’hypercholestérolémie), les quinolones (antibiotiques pour traiter certaines infections) et dans de rares cas, les glucocorticoïdes (anti-inflammatoires dérivés de la cortisone). Le problème se résout toutefois après l’arrêt du médicament.

Le diagnostic

En plus de la douleur, une tuméfaction est souvent visible sur ce type de blessure et, dans certains cas, un épaississement du tendon se révèle lors de la palpation. Mais ces signes peuvent également indiquer un problème au pied plutôt qu’au tendon. C’est pourquoi d’autres examens (par exemple une radiographie ou/et ultrason) sont parfois nécessaires pour établir le diagnostic, notamment dans le cas d’une atteinte chronique.

Le traitement

Le traitement varie en fonction du stade de l’atteinte et de ses répercussions fonctionnelles. Dans tous les cas, le patient doit garder à l’esprit que le processus de guérison prend du temps et requiert donc de la patience. De plus, il est essentiel de stopper toute activité sportive durant la phase de rétablissement. S’il existe des facteurs prédisposants, ceux-ci doivent être corrigés. Enfin, il est recommandé de recourir à de la physiothérapie, en travaillant de manière progressive sur le tendon et le muscle qui le relie.

Les traitements secondaires

Il existe d’autres options pour traiter une telle blessure. Des infiltrations peuvent par exemple s’avérer utiles pour favoriser la guérison, surtout dans le cas d’une douleur chronique. Leur efficacité fait toutefois l’objet de controverses. Les injections de glucocorticoïdes sont par contre souvent utilisées, même si elles entraînent parfois des effets secondaires indésirables tels qu’une atrophie cutanée (amincissement de la peau), des douleurs liées à l’injection et, dans de très rares cas, une dépigmentation de la peau. Enfin, l’utilisation d’ondes de choc (stimulations par ultrasons) représente aussi une alternative dont l’objectif est d’encourager le processus de cicatrisation. Mais cette méthode est plutôt réservée aux cas de problèmes chroniques pour lesquels les autres traitements se seraient révélés inefficaces.

________

Référence

Adapté de «Tendinopathie d’Achille», Dr Jeanne Berner, Service de rhumatologie, Hôpital Beau-Séjour, HUG; Dr Pascal Zufferey, Service de rhumatologie, Hôpital orthopédique, CHUV. In Revue Médicale Suisse 2015;11:606-11, en collaboration avec les auteurs.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *