Eczéma de bébé : causes et traitements – Soigner une verrue


L’eczéma est une maladie inflammatoire de la peau assez fréquente chez les bébés. Il évolue par poussées et provoque de fortes démangeaisons. À quoi reconnaît-on l’eczéma ? Que faire pour soulager votre bébé ? Le point avec le Dr Paul Dupont, dermatologue.

Généralement, le bébé qui présente de l’eczéma a en fait une peau atopique, c’est-à-dire une peau très sèche. On utilise alors le terme d’eczéma atopique. « Car, c’est justement en raison de l’atopie que l’enfant devient allergique et présente de l’eczéma. C’est à cause d’une faiblesse des barrières du corps (que constituent la peau et les muqueuses), qui laissent traverser de futurs allergènes, que l’enfant a tendance à devenir allergique », explique le Dr Paul Dupont.

Les lésions d’eczéma sont caractéristiques et associent des rougeursune peau très sèchesur lesquelles l’enfant provoque des excoriations en se grattant. Elles siègent en général au niveau des plis, et peuvent s’étendre sur l’ensemble du corps. Il y a aussi des irritations au niveau du visageaggravées par la salive et par le fait que le bébé se frotte les joues et les paupières. « Il existe un petit signe caractéristique de l’eczéma atopique : un pli au niveau de la paupière inférieure, bien qu’il ne soit pas toujours présent c’est un élément de diagnostic intéressant »observe le dermatologue.

« Contrairement à ce que l’on pense couramment, la cause réelle n’est pas l’allergie, mais le terrain atopique. La peau et les muqueuses sont alors trop sèches et on relie cela à une carence en certaines enzymes (les désaturases) qui permettent l’intégration des acides gras essentiels dans la peau », souligne le spécialiste. Il s’y associe souvent des troubles digestifs. L’ensemble est d’origine héréditaire et généralement on retrouve des cas d’eczéma dans la famille proche.

Il est parfois difficile de différencier l’eczéma atopique des autres formes d’eczéma qui peuvent toucher le bébé, notamment l’eczéma de contact ou les eczémas infectieux. Seule la topographie permet de s’orienter. « Par exemple si l’eczéma siège au niveau des couches, on peut évoquer effectivement un eczéma de contact »note le dermatologue.

Les soins locaux sont à base d’hydratants naturels tels que les crèmes ou cérats à base d’acides gras essentiels et de beurre de karité. Il existe ainsi des préparations sous forme de liniment, de crèmes ou de cérats contenant par exemple de la nigelle ou de la saponaire ou bien encore de la camomille. « S’il y a des lésions suintantes, on peut utiliser l’éosine à l’eau ; et si l’on craint une surinfection on conseille en général soit de l’eau de Milian, soit du permanganate dilué à 1/10 000 (1 sachet de 0,5g pour 5 litres d’eau). Les soins généraux associent la prise d’huile d’onagre biologique et de vitamine E, avec certains probiotiques spécifiques de ce type d’eczéma tels que l’eczebiophilus. De nombreux unitaires homéopathiques peuvent également être utiles tels que par exemple Apis mell 15 CH : on conseille 3 à 5 granules autant que nécessaire pour diminuer les grattages ; ou Ignatia 15 CH si l’enfant est anxieux. Dans les cas graves, on peut avoir recours à des crèmes à base de corticoïdesmais dans ce cas, elles doivent être prescrites de manière très ponctuelle et limitée dans le temps pour éviter les dépendances « poursuit le Dr Paul Dupont.

L’association décrite ci-dessus permet en général une amélioration notable de l’eczéma atopique en 6 mois.

« Le risque de l’eczéma, c’est la surinfection par grattage. Il faut donc consulter systématiquement si les lésions ont tendance à s’étendre ou à s’aggraver malgré les soins locaux », avertit le spécialiste. Un prélèvement bactério-mycologique sera alors réalisé, il permettra de confirmer ou d’éliminer ce diagnostic.

Des études ont montré qu’il est possible de prévenir l’eczéma atopique du nouveau-né en donnant à la maman des cures de probiotiques. « Dans certains cas se pose l’éviction des produits laitiers (lait de vache), non pas en raison d’allergies aux protéines de lait, mais parce que cela perturbe justement la flore intestinale spécifique dont le bébé a besoin pour lutter contre l’eczéma « précise le dermatologue.

Merci au Dr Paul Dupont, dermatologue,, auteur de « Soigner sa peau au naturel » aux éditions Eyrolles.

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