Polype : les polypes intestinaux – Symptômes et traitement – Soigner une verrue


Mis à jour le 17 décembre 2019

polypes

Validation médicale :
27 janvier 2017

Les polypes intestinaux sont des tumeurs bénignes du côlon et du rectum. Ces excroissances se forment au niveau de la paroi interne du côlon, au niveau de la muqueuse. Il existe plusieurs types de polypes : certains n’évoluent pas et resteront toujours bénins (des polypes hyperplasiques, des polypes hamartomateux et des polypes inflammatoires) et d’autres sont susceptibles d’évoluer en tumeurs cancéreuses (polypes adénomateux, appelés aussi adénomes). Découvrez les symptômes et les traitements liés à ces polypes intestinaux.

Qu’est-ce qu’un polype ?

Un polype est une tumeur bénigneen relief sur les tissus du côlonplus ou moins arrondie, mesurant de quelques millimètres (cas de loin le plus fréquent) à plusieurs centimètres. Le risque d’un polype est de se transformer en  lésion cancéreuse. Il existe plusieurs types de polypesclassés selon: 

  • Leur composition tissulaire visible au microscope (type histologique) ;
  • Leur taille ;
  • Leur aspect ;
  • Leur nombre ;
  • Leur caractère familial ou non

Les plus fréquents sont les polypes adénomateux. Certains types de polypes sont plus à risques que d’autres (tumeurs villeuses, gros polypes).

polype

Causes et facteurs de risque des polypes

Les polypes peuvent être d’origine isolée c’est à dire sans antécédents familiaux. Leur origine peut être au contraire en rapport avec la présence de polypes chez d’autres membres familiaux. Enfin elle peut-être clairement d’origine génétique par anomalie d’un gène.

Les facteurs alimentaires peuvent jouer un rôle dans l’évolution plus ou moins rapide d’un polype vers une lésion cancéreuse :

Les signes associés aux polypes

En général, les polypes n’entraînent aucun symptôme. Il n’y a normalement aucune altération de l’état général, de perte de poids ou d’appétit.

Parfois, ils se révèlent par  :

  • Des saignements dans les selles (rectorragies) ;
  • Des douleurs du rectum ou des faux besoins 
  • La présence de glaires dans les selles

Ils sont parfois perçus au toucher rectallorsqu’ils siègent au niveau du rectum.

Examens et analyses complémentaires

Les examens endoscopiques ( rectoscopie, coloscopie) consistent en l’introduction par l’anus d’un tube muni à son extrémité d’une caméra et dont les images sont visibles « en direct » sur un écran. Cet examen permet :

  • La pose du diagnostique : visualisation des polypes et biopsies dans le même temps ;
  • Le traitement puisqu’il permet le retrait des polypes lorsqu’ils ne sont ni trop volumineux, ni trop nombreux.

Ces examens nécessitent une préparation de l’intestin par lavements évacuateurs ou par « purge » prise depuis la veille.

coloscopie

Seule l’étude histologique (microscopique) d’une biopsie ou du polype lui-même affirme son caractère bénin. L’aspect endoscopique est trompeur et ne peut en aucun cas suffire. Le lavement baryté (examen radiologique) en double contraste après préparation soigneuse du côlon est parfois réalisé lorsqu’il existe une contre-indication à l’ anesthésie générale requise pour une coloscopie.


Evolution et surveillance des polypes intestinaux 

Laissés en place, les polypes risquent de grossir et se transformer en lésions cancéreuses durant les années suivantes. Lorsqu’ils sont retirésle risque est écartésous réserve d’une surveillance endoscopique régulière :

  • Lorsqu’il existe un ou plusieurs membres de la famille ayant eu un cancer du rectum ou du côlonun dépistage est réalisé entre 30 et  40 ans et la surveillance est systématique (tous les 5 ans si la première coloscopie était normale, tous les 1 à 3 ans si l’examen retrouve un ou des polypes) ;
  • Lorsqu’il existe des formes familiales et génétiques particulières ou lorsque les polypes sont multiples, la surveillance est obligatoirement annuelle ;

Les signes de transformation en cancer lorsque le dépistage n’a pas été réalisé malgré le risque familial, ou lorsque la surveillance n’a pas été conduite depuis des années sont :

Les risques de transformation en cancer augmentent avec l’âge, avec la taille du polype et en fonction de sa structure (tumeurs villeuses).


Traitement des polypes

Tout polype diagnostiqué doit être enlevé lors de la coloscopies’il n’est pas trop gros, ou s’il n’en existe pas de nombreux. Dans ces cas là, une exérèse chirurgicale d’une portion de côlon peut s’avérer nécessaire (on parle de polypectomie).

L’examen microscopique de la structure et de l’organisation du polype est nécessaire : biopsie exérèse, biopsie simple ou pièce opératoire.

polypectomie

Certaines anomalies cellulaires ou la profondeur de l’atteinte dans la paroi colique conduisent parfois à traiter certains polypes comme des cancers : chirurgie colique, associée ou non à des traitements complémentaires (radiothérapie, chimiothérapie) .

Les polyposes familiales

Qu’est-ce que c’est ?

La polypose se définit par la présence de nombreux polypes dans le côlonvoire dans d’autres organes. Il s’agit le plus souvent de maladies familiales génétiquespour lesquelles le dépistage est fondamental.

Pour certaines d’entre ellesle risque de transformation en cancer est majeurau premier plan, conduisant au retrait de l’ensemble du côlon par intervention chirurgicale. Pour d’autres le risque est minime et seule une surveillance endoscopique est pratiquée.

Certaines de ces maladies atteignent en plus du côlon et du rectum d’autres organeset les signes de la maladie seront variés.

Les différents types de polyposes familiales

Il en existe plusieurs variétés :

La polypose adénomateuse familiale (ou polypose rectocolique familiale)

Le côlon est le siège de centaines voire de milliers de polypes. La polypose rectocolique familiale est une maladie héréditaire rare. (1/7000 à 1/30000 naissances) pouvant toucher toutes les générations d’une famille atteinte. Le risque d’évolution en cancer en l’absence de traitement est de 100 %.

Désormais, par une simple prise de sang avec étude des chromosomes (dépistage génétique) il est possible dans une famille de dépister les membres ayant l’anomalie génétiqueet donc ceux devant être traités ou devant subir une surveillance rapprochée.

Les autres localisations des polypes peuvent être : l’estomac, le duodénum, l’intestin grêle.

Le syndrome de Gardner

Rare, héréditaire également, est semblable à la polypose adénomateuse familiale, mais il associe aux très nombreux polypes recto coliques des tumeurs bénignes osseusesdes  kystes cutanésdes anomalies dentaires ou oculaires. Le risque de cancérisation est aussi extrêmement élevé.

Le syndrome de Peutz-Jeghers

C’est une affection héréditaire peu grave et rare associant une lentiginose péri-orificielle (affection héréditaire caractérisée par des tâches pigmentaires autour de la bouche et sur la muqueuse buccale) à des polypes digestifs (intestin grêle surtout). La dégénérescence de ces polypes est très rare. Ils peuvent néanmoins provoquer  douleurs abdominales, obstacles et hémorragies. Le traitement est symptomatique.

La polypose juvénile

Elle est rare également, se complique moins fréquemment de cancer que les autres polyposes.

D’autres polyposes sont trop rares pour être citées.

Traitement

Le traitement de la polypose rectocolique familiale repose sur :

  • L’ablation de tout le côlon (colectomie totale) avec suture (anastomose) entre l’extrémité de l’intestin grêle (iléon terminal) et le rectum imposant ensuite une surveillance endoscopique à vie du rectum et du duodénum pour dépister une récidive ;
  • L’ablation du côlon et du rectum avec éventuellement anus artificiel.
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