Une hémorragie cérébrale peut nécessiter une opération – Soigner une verrue


Ce que les médecins redoutent avant tout, ce sont les hémorragies cérébrales. Lors d’un choc violent, le cerveau bouge comme de la gelée à l’intérieur du crâne, créant des ondes qui endommagent les tissus cérébraux. Du sang se répand alors dans l’organe lui-même et remplit les espaces qui se situent entre le cerveau et l’os du crâne (voir infographie). Durant ce laps de temps, la victime du traumatisme peut rester consciente, raison pour laquelle on pourrait croire que le choc subi est sans gravité. Mais en réalité, une fois que ces espaces de «réserve» sont remplis, la situation de la victime se détériore rapidement.

Comme le crâne est une boîte rigide, il ne peut pas se déformer pour s’accommoder du volume de sang que déversent les vaisseaux endommagés. Conséquences: la pression augmente dans le cerveau et la circulation du sang y devient plus difficile. Les zones mal irriguées ne reçoivent plus assez d’oxygène et leurs cellules sont en danger de mort. Le but de la prise en charge est alors double: il faut d’une part diminuer la pression à l’intérieur du crâne et d’autre part préserver un bon apport d’oxygène au cerveau.

Placer dans un coma artificiel

Généralement, la première mesure prise par les équipes médicales est de plonger la victime dans un coma artificiel, au moyen d’une anesthésie. «Un cerveau anesthésié demande moins d’oxygène et donc moins de sang pour maintenir les cellules en vie. Sans compter que la pression dans la tête baisse et le risque de dégâts diminue», explique le Pr Asita Sarrafzadeh, du service de neurochirurgie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Les patients sont placés dans une position semi-assise afin de diminuer encore la pression de la circulation sanguine vers le cerveau. Et enfin, comme c’est le cas pour Michael Schumacher, on met aussi le corps en hypothermie pour ralentir son métabolisme, toujours dans le but de diminuer la consommation en oxygène du cerveau.

 

Etroite surveillance

«Si le cerveau est comprimé de manière trop importante, une opération est inévitable», poursuit la spécialiste. Deux interventions permettent alors de faire baisser la pression dans le cerveau. Soit, lorsque l’hémorragie est bien localisée, on draine le sang hors de la cavité qu’il a remplie. Soit, si la pression dans le cerveau s’avère trop importante, on enlève une partie de la calotte crânienne pour lui permettre de s’étendre. Le cerveau n’est cependant pas laissé à l’air libre: la dure-mère (la membrane dure qui l’entoure) subsiste et le cuir chevelu est recousu. La partie du crâne enlevée est conservée dans un congélateur pour pouvoir être replacée ultérieurement.

Après l’opération, le malade doit être étroitement surveillé. Il existe en effet une période critique de deux semaines après l’accident où la pression intracrânienne peut s’accroître malgré le traitement. «Si le traumatisme est sévère, il est d’usage de garder le patient en coma artificiel pendant les deux semaines critiques», précise Asita Sarrafzadeh.

Cette période est cependant mise à profit par les médecins. «Plus la rééducation du cerveau commence tôt, mieux la victime récupérera ses facultés », souligne le Pr Marc Levivier, chef du service de neurochirurgie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). «Une stimulation neurosensorielle agréable et coordonnée des cinq sens permet en outre un éveil du coma plus rapide», remarque le Dr Karin Diserens, responsable de l’unité de neurorééducation aiguë du CHUV.

Proches éprouvés

En cas de réveil, le chemin de réadaptation est toutefois encore très long pour la victime et son entourage. «S’ils ont survécu au traumatisme crânien, la plupart des patients se réveillent du coma artificiel, mais malheureusement pas tous, résume le Pr Sarrafzadeh. Un traumatisé crânio-cérébral peut ainsi rester dans un état végétatif, sans pouvoir communiquer ni bouger volontairement. Et pour ceux qui se réveillent, les séquelles ne disparaîtront pas forcément avec le temps et la rééducation.»

Les dommages causés sont généralement cognitifs, les plus fréquents étant des problèmes de concentration et une baisse des capacités d’initiative, précise encore le Dr Diserens. «Pour les proches, il faut se préparer à une longue phase où ils devront donner de l’énergie au patient», conclut le Pr Sarrafzadeh. Un soutien psychologique des familles est donc intégré dans les centres de neurotraumatologie de haut niveau.

Quant au pronostic de récupération du patient lui-même, il dépend bien sûr de la gravité des lésions. Mais aussi de son attitude positive, de son bon état général de santé avant l’accident et d’un contexte socioprofessionnel stable. C’est déjà ça de gagné pour Michael Schumacher.

Hémorragie cérébrale

D.R.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *